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 Délire journalistique - remake.

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MessageSujet: Délire journalistique - remake.   Mar 30 Sep - 19:58

Délire journalistique - remake.




Dédicassé à Bardafouak, disparue du forum.




Je sortis par les portes principales de la faculté. Dernière fois, avec un diplôme de communication en prime. Ma demande au sujet de mon départ prématuré avait été acceptée par le chef. Le début de mon rêve avançait comme sur des roulettes. Je me dirigeais vers la cafétéria, à l'extérieur de l'établissement. On pouvait deviner à travers les vitres que la chaleur nous attendait à l'intérieur. J'entrais et refermais la porte en vitesse, quand je l'aperçus.

- Salut ! Je ne te dérange pas j'espère.
Samuel releva les yeux et me sourit.
- Non, ne t'inquiète pas.

J'hésitai, mais repensai que j'étais pressée. Mes parents m'attendaient pour mon anniversaire, une formalité que je ne pouvais pas délaisser.

- J'y vais. Je pars, c'est décidé, je vais là-bas.
- C'est pas vrai ! Alors tu as l'argent ?
- Oui, mes parents ont accepté de me faire un prêt. J'espère trouver un boulot assez rapidement pour les rembourser.
- Je viendrai te voir, si tu veux.
- Bien entendu !

C'était le moment que je redoutais le plus. Dire au revoir à un ami qui m'était cher. Je fis la grimace.

- Bon, alors la prochaine fois qu'on se voit c'est... à New York ?
- Si j'ai bien compris... Il hocha la tête au ralentit et se pinça les lèvres en signe d'anxiété.
- Et... tu me promets de te chercher un boulot mieux que celui-ci, lui dis-je en lui adressant un clin d'oeil.

J'attendais de lui bien plus qu'un simple serveur dans une cafétéria. Il acquiesça.
En un mouvement, il me prit dans ses bras et me serra. Heureusement que mes années de gymnastique m'avaient donné des muscles sinon j'aurais fini broyée dans ses mains. Je m'écartai et me dirigeai lentement vers la sortie lui tournant le dos. Au moment d'ouvrir la porte, je le regardai et fis un signe de la main. Au revoir, pensais-je, on se reverra bientôt, ne t'en fais pas.

Au volant de ma petite Clio blanche, piquée à ma soeur, je pensais à tous ces gens que j'aimais et que je laissais dernière moi pour accomplir mon rêve le plus fou : être journaliste à New York. Dans une part intérieure de moi, j'étais triste. Je ne voulais pas les quitter, je voulais juste... vivre ! Je sentis quelques larmes couler sur mes joues.

La fête se passa plutôt platement. J'avais la tête ailleurs, ainsi que mon corps. J'avais passé plus d'une heure toute seule dans ma chambre, à réfléchir, quand un de mes oncles qui avait légèrement nagé dans l'alcool durant la soirée vint me voir et m'incita à rejoindre les autres. Bref, rien de spécial. Je finis par découper le gâteau et mes parents m'offrirent leur cadeau : l'appartement dont nous avions si souvent parlé, en plein coeur de Manhattan. J'étais émue, même si je m'y attendais depuis longtemps. Un hasard; un discours fut exigé :

- Eh bien, déjà, merci à tous d'être venu ce soir, je suis heureuse de vous avoir revus, sachant que ce n'est pas demain la veille que ce genre de fête sera possible, à moins que vous ne veniez me rendre une petite visite en Amérique, ajoutais-je avec un petit rire. Alors bonne continuation !

Des "bravos" et "bien dit" suivirent, mais je n'écoutais plus, quelque chose, ou plutôt quelqu'un attira mon attention, derrière les autres. Ma soeur me fit signe d'approcher. Le reste de ma famille ne s'en apreçut pas, ils étaient tous bien trop occupés à rire et boire.

- Qu'est-ce qu'il se passe, lui demandais-je, m'inquiétant quant au sourire malicieux qui se dessinait sur ses lèvres.
- Il y a quelqu'un dehors, pour toi.

Un sourcil légèrement levé, je me dirigeai vers l'entrée et ouvris la porte pour découvrir...

- Joyeux anniversaiiiiiiiiiiiiiiiiiire !

Bouche bée, je refermais la porte derrière moi. Il faisait un froid de canard.
Devant moi s'étendaient dix perszonnes environ, parmi lesquelles mes vieilles amies de collège. Je ne les avais pas oubliées, mais j'eus du mal à en reconnaître certaines. Il y avait aussi Samuel et un autre garçon que je ne connaissais pas. Je m'approchais du groupe et me mis entre une blonde et une brune, que je regardais l'une après l'autre.

- Léa ? amandine ? Et...? Je désignais le jeune homme aux yeux légèrement allongés.
- Akira, mon copain, répondit amandine.

Je lui adressais un signe de tête et repassais mon attention sur mes amies. Nous ne nous étions pas vues depuis plus d'un an, du moins toutes ensemble. Je les embrassais à tour de rôle tout en me demandant qui avait pris l'initiative de ce rendez-vous. Samuel me fit un clin d'oeil à ce moment là, et je compris. Il ne connaissait pas mon groupe, juste Amandine, qu'il avait rencontrée deux ans plus tôt, lors d'une réunion sur le journalisme.
- Allez, on t'emmène au resto !
- Je... euh... ils sont là pour moi, dis-je en désignant la maison.
- Tu les reverras, dit Samuel.
- ... Je vais les prévenir.



* * *



Cette soirée à la pizzeria fut une des plus émotionnelles de ma vie. Maintenant, j'étais dans l'avion, parcourant le ciel au-dessus de l'océan. Le sommeil que j'éprouvais depuis plusieurs jours n'avait pas disparu, malgré les quelques heures que j'avais passées à dormir. J'étais plutôt agitée à cause des turbulances, et à cela s'ajoutait le mélange d'excitation et d'angoise à l'approche de ma destination.

L'avion commença à amorcer sa descente et je me sentis encore plus étrange. Le pilote nous informa de la température au sol, et nous souhaita une bonne fin de journée, même s'il faisait déjà nuit. Les passagers se levèrent tous en même temps et allèrent se placer dans l'allée, tels des enfants de maternelle aimant se bousculer. Je restais la dernière et sortis à mon tour.

Le bras me conduisant à l'intérieur de l'aéroport me parut très long comparé à une simple distance de quinze mètres, sachant ce qui m'attendait à l'autre bout. L'excitation grandit encore un peu, jusqu'à me faire suffoquer quand le couloir se rétrécit et que je débarquais dans la salle. Sur le sol new-yorkais. Enfin. Les murs blancs tapissés de quelques publicités ressemblaient fortement à ceux de n'importe quel autre aéroport. Avec un peu partout des gens à la peau de toutes les couleurs, venant des quatre coins du monde, ainsi que des bonshommes aux chemises bleues ciel balayant le sol. Et là-bas, une sandwicherie à laquelle je ne manquais pas de m'arrêter. Heureusement, ils acceptèrent mes misérables euros.

Au bout d'une bonne heure, valises et dollars en main, je hélais un taxi - j'aurai enfin pu observer de mes propres yeux un de ces fameux taxis jaunes que je voyais si souvent en rêves - et partis à l'adresse de mon studio.

Deux jours plus tard, j'avais un entretient avec la rédactrice en chef d'un magazine pour les jeunes de douze à seize ans consacré à toute l'actualité culturelle et sportive accompagnée d'interviews d'auteurs, acteurs, musiciens et j'en passe. Il y avait même une rubrique "foreign language", à savoir "langue étrangère", qui paraissait en français une fois sur deux. L'autre moitié était réservée à l'espagnol. Mon job consisterait donc à me tenir au courant des nouveautés susceptibles d'intéresser des adolescents et de contacter les managers de toutes ces personnalités croulant sous la célébrité. Je devais faire mes preuves avant de moi-même pouvoir les rencontrer et écrire mes propres articles.



* * *



Tout alla très vite et c'est ainsi que le lundi suivant, je claquais la porte derrière moi en direction de Teenage & Comp Center, l'immeuble de rédaction.
Là, un homme d'une trentaine d'années me fit une brève visite de l'établissement et m'indiqua la salle - ou plutôt le hall - où j'allais installer mes affaires. Le monde allait et venait dans tous les sens, tandis que quelques tables étaient occupées par des visages crispés de concentration.
je m'assis au bureau qu'il m'indiquait et lui souris.

- Merci, je regardais le badge qu'il portait sur sa poitrine, Joe.

Il tourna les talons et me laissa seule dans tous mes états. J'essayai de me calmer, quand j'aperçus une feuille posée à l'extrémité de la table en bois. Je lus : "Welcome among us, I hope your last week was good, because it is time to work now. I made a list about the things you have to do today, thank you for writing to me the results on an email. Have a nice day, Brenda Schmitt."
Les résultats ? Je me demandais ce que j'allais devoir faire de ma journée. En attendant, cette lettre était directe et formelle. Ici, on bossait.

A côté, je découvris ladite liste, que je m'empressais de lire.
" - Contact robert Steinberg to know if it is still okay for thursday 6th.
- Come and take the 'Game' file in my office and bring it to Angela.
- Try to contact the museum director.
You are allowed to go when everything is done. "

Je compris vite que les précisions allaient souvent manquer aux informations.
Après sept coups de téléphone à Robert Stein-truc, je tombai enfin sur sa secrétaire qui me dit qu'il avait déjà confirmé depuis deux semaines. Une heure et deux cafés plus tard, je me rendai dans le bureau de Sa Majesté, pris le dossier qui contenait tous les jeux linguistiques du numéro suivant. L'étape suivante fut de trouver la fameuse Angela. Je me renseignait à l'accueil, appris qu'elle bossait au quatrième étage en tant que journaliste internationale. Evidemment, elle était en réunion, un meeting qu'on estimait de trois heures trente. Depuis quand avait-il commencé ? Un quart d'heure à peine j'imagine, avec la veine que j'ai. Voilà, restons calme et passons à la tache suivante.
Le président du musée devait bien porter un nom. Je fis quelques courses d'informations à droite à gauche, qui ne m'apportèrent rien de nouveau. Le déjeuner arriva et j'eus le plaisir de partager le mien avec Joe et deux filles très sympathiques nommées Kate et Tessa. Elles m'apprirent plus en cinq minutes que tous les autres en quarante-deux minutes de recherches insupportables. L'homme en question était le directeur d'une exposition temporaire très célèbre, réunissant quatre photographes venus du monde entier et montrant par le biais de leurs photos le mode de vie de leur pays. Si jamais je réussissais à le joindre, je devais seulement lui demander si une interview était possible avec lui et un des exposants, quels que soient le jour et l'heure.
Deux heures plus tard, Angela sortait de la salle de meeting d'une humeur éxécrable. Il lui fallait au moins trois cafés pour aller mieux. Mais ce n'était pas mon problème et j'allais lui apporter les jeux dès que je pus. Elle me lança un regard méprisant tout en avalant son café et je m'éclipsais avant qu'elle ne me dise des choses désagréables.

Du coup, vers trois heures de l'après-midi je sortai et respirai une grande bouffée d'air... pollué.
En arrivant chez moi, je terminais les détails de mon installation pendant quelques heures, mangeais, allais me coucher. Je me remémorais ma première journée et m'endormis.



* * *



Je mis trois mois avant de décrocher le poste que je convoitais. Mais je l'eus, finalement. Celui-ci consistait d'une part à dégoter des interviews intéressantes puis à en faire des articles; d'autre part à rédiger une partie de la rubrique "français". Et qui sait, peut-être qu'un jour je deviendrai la chef de cette partie ?!

J'obtins assez d'argent pour rembourser mes parents, et ceux-ci vinrent me rendre visite ici, à New York. Je leur fis découvrir les coins les plus sympathiques à ma connaissance durant le week-end et ils visitèrent les endroits touristiques pendant la semaine. Et le jour où je les raccompagnais jusqu'à l'aéroport, je reçu un appel inattendu.

" - Allo ?
- Léa ? C'est Samuel.

Je me mis à jongler avec une dizaine de sentiments allant de la surprise à la joie. Je me rendis compte que sa voix m'avait infiniment manquée, j'aurais voulu qu'il se remette à parler, mais il attendait sûrement une réaction de ma part. Cette réaction fut le silence. J'espérais qu'il ne l'interpréta pas d'une mauvaise manière.
Ma mère me fit les gros yeux et m'indiqua d'un geste qu'ils devaient partir.

- Je te rappelle tout de suite. "

Je dis au revoir à mes géniteurs et les regardais distraitement passer par la porte de sécurité de l'aéroport, impatiente de vite ressortir mon téléphone. Ce que je fis dès qu'ils furent hors de vue.
Mais avant de composer son numéro, je m'aperçus que le voyant rouge clignotait; j'avais un message.
" Rdv demain 10 H au croisement des 15e et 27e avenues. Ps : tu m'as manquée. "
Je dus m'assoir sur un banc pour arrêter de flancher.

Le lendemain, dix heures, je suis assise sur un autre banc, regardant les gens marcher devant moi, guettant son arrivée.
Il ne fait pas froid, j'enlève mon gilet.
Je crois que je tremble.
un taxi s'arrête dix mètres plus loin et je vois un jeune homme en sortir. Il porte un jean et une chemisette verte retroussée aux manches. Je crois que c'est lui. Il se retourne et me sourit, un sourire que je lui rends. Il s'approche, on se fait la bise.
- Tu es toute rouge, dit-il en riant, tandis que je commence à m'enflammer sérieusement.
On commence à marcher et il me prend la main.

Il était une fois un matin d'été aussi beau qu'il puisse être.

_________________

[...] I'm a rainbow in your jail cell
[...] I'm a bloodstain on your shirt sleeve
[...]

R.H.C.P.
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